|
|
|
Après les indignations et désapprobations suscitées par sa désignation à la tête de l’Etat,
Faure Gnassingbé s’adresse à la nation togolaise pour rassurer ces concitoyens et l’opinion internationale.
|
L’Union européenne, qui avait émis un certain nombre de réserves quant à la poursuite normale des négociations de reprise de la coopération avec le Togo, a finalement durci le ton et rejoint l’Union africaine dans la qualification de la passation de pouvoir à Lomé. Il s’agit bien « d’un coup d’Etat », indique la présidence luxembourgeoise de l’UE qui insiste sur l’évolution nécessaire vers un « régime démocratique ». C’est aussi le souci de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), qui tient un sommet extraordinaire à Niamey, chez le chef de l’Etat nigérien, Mamadou Tandja, le président en exercice de la CEDEAO. Une dizaine de chefs d’Etat sont attendus, dont le président en exercice de l’Union africaine, le nigérian Olusegun Obasanjo et le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré. Les différentes déclarations des deux plus hauts responsables de l’UA laissent entendre leur ferme volonté d’exiger des autorités togolaises, le respect de la constitution avant sa modification sur mesure pour permettre au fils du président défunt de succéder à son père. Mais avant la tenue du sommet de l’UA consacré au Togo, le nouveau président Faure Gnassingbé est intervenu à la mi-journée à la radio et à la télévision nationales pour « une allocution à la nation », a-t-on précisé à Lomé. Le choix du jour et de l’heure n’est pas anodin. Habituellement ces interventions se font plutôt le soir, au moment où les citoyens sont censés être à leur domicile. Mais à Lomé on a préféré la mi-journée, juste avant la réunion de la CEDEAO à Niamey et pendant la réunion des instances de la Francophonie à Paris. L’arme de la sanction avait été brandie par quelques éminents responsables des différentes organisations. Pour le nouveau président il faut donner des gages de sérieux et rassurer l’opinion internationale sur ses intentions de gouvernance apaisée. « Nous souhaitons que les discussions engagées (avec l’opposition politique) en vue de la révision du cadre électoral sur la base d’un consensus, débouchent sur l’organisation dès que possible d’élections générales, libres et transparentes, qui reflètent la volonté réelle du peuple, comme l’avait indiqué le père de la nation », a déclaré Faure Gnassingbé. Il aussi parlé d’Etat de droit, de respect des principes démocratiques de l’UA et de la CEDEAO, avec de multiples références à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, « le père de la nation ». La Francophonie suspend le TogoUne des premières réactions au discours du nouveau président du Togo est celle de Xavier Darcos, le ministre français de la Coopération qui déclare : « nous allons vérifier si ces promesses sont tenues ». Autrement dit, le rejet de la procédure de désignation du successeur du président défunt n’a plus lieu d’être et le nouveau président sera jugé sur pièce. Mais, accepter ce fait accompli apparaît comme une manière d’entériner les adaptations sur mesures de la constitution selon des intérêts particuliers. « C’est inacceptable, il faut refuser le principe », affirment les partis politiques de l’opposition. Cette option est partagée par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui se fonde sur les règles de la déclaration de Bamako auxquelles ont adhéré les pays francophones. L’OIF « condamne avec la plus la plus grande fermeté le coup d’Etat perpétré par les Forces armées togolaises et les violations caractérisées et répétées de toutes les dispositions constitutionnelles en vigueur, au mépris absolu des principes de l’Etat de droit », précise le communiqué de l’organisation qui suspend le Togo de toutes ses instances et également sa coopération multilatérale avec ce pays. Le clin d’œil de Faure Gnassingbé en direction de l’opinion internationale a des effets mitigés. A l’intérieur du pays la mobilisation pour un « non » catégorique se poursuit. La deuxième journée de « Togo pays mort » semble avoir été mieux suivie que la première, poussant les partis politiques à étudier de nouvelles formes de « protestations pacifiques » et ce, malgré l’interdiction de manifester pendant les deux mois du deuil national décrété par le gouvernement. |
|
| Document source: RFI |
Author: RFI |
Our URL: http://www.abarundi.org |