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Faure Gnassingbé prête serment comme nouveau président du Togo / L'opposition togolaise appelle à "des manifestations"
(Le Figaro 07/02/2005)


Faure Gnassingbé prête serment comme nouveau président du Togo
Faure Gnassingbé, désigné dimanche par les députés togolais pour succéder à son père, le président décédé Gnassingé Eyadéma, a prêté serment lundi à Lomé comme nouveau président de la République, a constaté un journaliste de l'AFP.
"Devant Dieu et devant le peuple togolais, seul détenteur de la souveraineté populaire, nous, Gnassingbé Faure, investi des charges de président de la République conformément aux lois de la République, jurons solennellement de respecter et de défendre la Constitution que le peuple s'est librement donné et de remplir loyalement les hautes fonctions que la nation nous a confiées", a déclaré le nouveau président.

M. Gnassingbé a prêté serment devant les six membres de la Cour constitutionnelle, réunis en audience solennelle au palais présidentiel.

Le drapeau togolais à ses côtés, il a levé la main droite et répété le texte de la prestation de serment, lu devant lui par le président de la Cour constitutionnelle, Atsu Koffi Amegah.




L'opposition togolaise appelle à "des manifestations"






Le principal opposant togolais, Gilchrist Olympio, a déclaré lundi à l'AFP "qu'il n'acceptait pas" la désignation par les députés de Faure Gnassingbé pour succéder à la présidence à son père décédé, Gnassingbé Eyadéma, et que l'opposition allait organiser "des manifestations".
"M. Eyadéma junior n'a pas pris le pouvoir, c'est un groupe de soldats originaires de son village qui a décidé de le nommer président de la République", a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique.

"Nous n'acceptons pas et d'ailleurs nous allons organiser des manifestations. Nous avons toujours voulu éviter la violence mais maintenant on n'a plus de choix", a poursuivi M. Olympio, qui vit en exil à Paris, à la suite d'une tentative d'assasinat contre lui en 1999 à Lomé.

"Ca a déjà commencé petit à petit, ce n'est que le début. Il y aura des manifestations dans Lomé et dans l'intérieur", a-t-il poursuivi.

M. Olympio a souligné que "tous les gouvernements européens ont pris des positions, aussi (le secrétaire général de l'Onu) Kofi Annan, l'Union africaine. J'ai parlé avec le commissaire (le président de la commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré), il dit que c'est inacceptable".

"On ne veut pas de dictature héréditaire", a-t-il conclu.

En dépit de multiples pressions internationales, Faure Gnassingbé Eyadéma a été élu dimanche soir président de l'Assemblée nationale togolaise, après modification de la Constitution par les députés pour lui permettre de succéder légalement à son père décédé samedi et d'achever son mandat, ce qui le désigne à la tête de l'Etat jusqu'en 2008.

Il doit prêter serment lundi dans Lomé où l'armée a renforcé son dispositif autour du palais présidentiel, situé à proximité du parlement, dans le centre de la capitale, ainsi que dans les rues adjacentes.

A Lomé, selon un témoin sur place, des policiers ont dispersé en début de matinée un groupe d'étudiants qui tentait de mettre en place une barricade. Vers 10H00 (locales et GMT), tout était revenu à la normale, selon un correspondant de l'AFP et la situation était calme dans la capitale.


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