Actualité Régionale

Deux poids, deux mesures ? - 11/2/2005
Serait-on plus exigeant avec le Togo qu’avec d’autres en matière de vertu démocratique ?, se demande Pierre Beylau, l’éditorialiste de l’hebdomadaire français Le Point. Quand Joseph Kabila, le président congolais a succédé à son père, personne n’a pipé mot. Quand le président Denis Sassou-Nguesso a repris le pouvoir en 1997, silence. Et les exemples de n’arrêtent pas là.
 
Voici l’éditorial publié jeudi dans l’hebdomadaire
 
Serait-on plus exigeant avec les Togolais qu’avec d’autres en matière de vertu démocratique ? En juin 2000, Bachar el-Assad succèdait à son père, Hafez, à la tête de la Syrie. Il avait été intronisé dauphin après la mort accidentelle de son frère Bassel. La famille Assad appartient à une communauté, les alaouites, qui représente 13% de la population mais domine la vie politique du pays. Personne pourtant n’a pipé mot sur ce processus assez éloigné des sacro-saints principes démocratiques.
 
En Afrique, Joseph Kabila s’est retrouvé, à 29 ans, président du Congo (ex-Zaïre) à la mort de son père, Laurent-Désiré, en janvier 2001.
 
L’excellent colonel Kadhafi nourrit de grandes ambitions pour son fils Saïf el-Islam, le président égyptien Moubarak pour Gamal, son fils cadet. Le Gabonais Omar Bongo a nommé son aîné Ali, ministre de la Défense, en attendant mieux.
 
La légitimité démocratique de bon nombre de régimes interlocuteurs réguliers des chancelleries occidentales est des plus volatiles.
 
Toujours en Afrique, le président Denis Sassou-Nguesso, plutôt bien vu à Paris, a repris le pouvoir en 1997 en rasant à coup de canons des quartiers entiers de Brazzaville et au prix de 10.000 morts et 500.000 déplacés.
 
L’esprit de Tocqueville ne souffle encore en rafale ni sur le continent africain ni sur la totalité de la planète.
 
Pierre Beylau
© Le Point du 10 février 2005
Document source:
Afrique Centrale
Author:
Le Point
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